• Se vautrer.

    Parce que c'était, na. J'aurais juste à lire, pour. Re na.

    Je vois le monde qui tourne un peu trop vite à mon goût. Je suis assise et, vous tourner. Ma chaise à roulette qui me fait faux bond. Dira-t-on. J'ai ce gout dans la bouche. De je ne sais quoi. Ce gout de sucre ou de sel, j'ai oublié les saveurs pour aujourd'hui. Juste. Demain, je m'y remets. J'essaie de me poser, me reposer, encore, encore. Sans m'arrêter. Je n'y arrive pas, dis-moi, est-ce que c'est normal tout ça ?

    J'y pense encore, encore. Juste. Pour aujourd'hui, j'ai promis d'oublier. Juste à moi. Demain, je m'y remets ? Je saurais bien m'en passer. J'ai soif, je ne sais de quoi. Tu ne sais rien de ce que je vis, qu'on m'a dit. Evidemment. J'ai su le dire aussi quand tout était caché. Hein, ouais. C'est si facile, tu dis ? Non, je t'assure que les cadavres ne sont pas faciles à planquer.

    Alors c'est ici ta planque ? Ouais. Je ne pose pas la question, de savoir comment tu trouves tout ça. Je ne trouve plus la question, adéquate pour ça. Puis. Merde, je t'ai fait tombé je sais. Fallait pas pousser, je sais. Un peu précipité, je sais. Mais. Si je n'étais pas venu te chercher tu serais tombé aussi, tout seul. On m'a dit, juste, que c'était plus facile de tomber à deux. Je suis aidante, j'accompagne malgré.

    C'est un peu comme mon verre de coca. A force de trop attendre, il perd ses bulles, il n'a plus de gout, il est passé, dépassé, périmé. Je ne sais pas si la métaphore est assez claire, ou si je dois encore insister un peu.

    Moi, à coté d'eux, d'elles, j'étais rapide. Aussi, juste à coté. La même allure que moi, même vitesse et presque mêmes envies. On les voyait qui marchait mais nous on s'en foutait. On été trop pressé d'y arriver, au bout du chemin. On s'est un peu précipité puis, le ravin, on n'a pas eu le temps de le voir arriver. On s'est jeté dans le vide un peu comme ça. On s'est bien vautré, on est tout cassé.

    Puis on se dit que tant pis, même au fond du gouffre, des chemins y'en a plein, sauf qu'on n'a pas trop capté, sur le moment même, que de se plaire dans ce fond, ce n'était pas le meilleur moyen pour remonter cette longue pente sans embuches. Tellement lisse qu'on se casse la gueule rien qu'en la regardant. Ouais bien sur, on peut faire deux mètres dessus, avec de bonnes chaussures. On peut prendre nos quelques morceaux qu'on a perdus pendant la chute, essayé de les recoller tant bien que mal. Surtout que mal. Mais, ouais, ca ne sert strictement à rien. Je sais pourquoi, ce n'est pas la colle qui a merdé. C'est juste ces petites fissures un peu voyantes, tous ces endroits qu'on sait toucher, tous ces « là où ca va faire mal ».

    Un petit sourire s'il te plait, c'est juste pour mon souvenir.

    Je les ai tous vu défilés. J'aurais préféré être à la même allure. Je préfère être une « comme les autres » qui s'en sort.

    [C'est un peu comme mon verre de coca. A force de trop attendre, il perd ses bulles, il n'a plus de gout, il est passé, dépassé, périmé. Fade, plus aucun gout. Ca ne pétille plus, là-dedans. Et moi ce que je préfère, c'est bien les bulles. Celles qui peuvent faire monter les larmes aux yeux, te piquer, te bruler. Celles.]


  • Commentaires

    1
    Mercredi 8 Février 2006 à 23:53
    Rah j'adore les @@@ dans les champs :D
    Rajoute un mentos dans ton verre de coca pour lui redonner du pétillant. Mais à tes risques et périls.
    2
    Jeudi 9 Février 2006 à 19:35
    Cadeau : @
    Tu me tentes pour le faire :D
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