• On oubliera les i de chaque verbe. L'un d'eux deviendra amer.

    Le coeur qui tourne trop vite, le sang qui bat trop fort, tout s'inverse. Ca fait un putain de mal, comme une vague qui dévaste tout à l'intérieur. J'ai parfois une mémoire qui m'emmerde, beaucoup trop présente, qui ravive les moindres petites phrases qui faisaient sourire, et celle qui te poignardaient sans que tu t'y attendes. Traitres, perfides. Tellement parallèle, en y repensant.


       J'ai si peur de ces romances qui finissent avant qu'elles commencent, j'ai peur dans le noir, peur du hasard, j'ai peur des trains dans les gares.


    Alors que certains auraient tournée la page depuis des lustres, je bloque sur cette histoire qui n'avait ni sens, ni but. Elle était juste présente et ca faisait un bien fou, je ne m'en rends compte que trop tard. A mon habitude. Il y a des jours entiers, que je passe à me demander comment ça aurait été si, et des heures où je me permets de ne plus y penser. Quand la réalité devient un peu trop pesante, qu'il vaut mieux s'évader un peu, quel qu'en soit le moyen.


       J'ai si peur des sentiments, les mots, les mots c'est du roman, je n'irai pas plus loin croyez le bien, l'amour est sur le déclin.


    Ca fait déjà trop longtemps que j'ai perdu de vue le côté positif des choses, ce qui pourrait me donner envie d'autre chose et d'oublier réellement. Je passe mon temps à espérer, alors que je ferais peut-être mieux de mettre les choses au clair dans mon esprit. Je sais bien qu'il n'y a qu'une personne qui puisse me tirer de mes regrets. Qu'aussi, cette personne pourrait peut-être finir de m'y enfoncer.


       Mais si vous ratez votre dernier train, pour m'emmener danser jusqu'au matin, vous dire je t'aime j'ai peur je le crains, je ne le pourrai point.


    Qu'est ce qui ne va pas ? Tout ça.


       Ne demandez jamais ma main, ne me donnez pas rendez-vous demain, vous dire je t'aime, j'ai peur, je le crains, je ne le pourrai point.


    Tout ça, qui résume le fait que je n'ai plus vraiment envie de continuer à me donner du mal pour des choses qui ne m'intéresse plus, du mal à sourire quand je n'en ai plus envie, du mal à retenir ce que j'aimerais dire, tout ça. C'est plus rapide comme ça.


       J'ai si peur des conséquences, des actes manqués quand j'y pense, je ne conjugue rien au futur lointain, j'ai beau remettre à demain.


    Les maux de tête qui reviennent, pendant les heures passées en cours à écouter des conneries qui n'ont plus vraiment d'intérêts, un peu plus violent beaucoup plus longtemps. Des cachets qui ne font plus effet. Et des tonnes de choses à dire qui se bloquent. Qui doivent participer à cette fête en continu qui se passe dans ma tête ces temps-ci.


       Les torts c'est pour les absents, c'est la raison du plus offrant.


    Bloquer dans un monde plein de regrets, d'amertume et d'envie de dire. Rien qui ne s'arrangent, tout qui me dérangent. Des mois à me demander c'est quand que j'aurais droit à une vraie conversation avec, alors que ces quelques fois où j'ose l'aborder je redeviens celle qui n'en a plus rien à faire, qui essaye de faire comprendre par des tonnes de sous entendus que je suis peut-être la seule à comprendre, ou bien qu'il ne veut pas comprendre, qu'il me manque et qu'il n'a qu'une question à poser pour que beaucoup de choses changent enfin. Mais je dois être la seule à vouloir ces changements.


       Ce n'est qu'un au revoir, un dernier regard, un amour sur le départ.


    Et je me sens bien seule dans ces moments-là, à m'intéresser à ses histoires blessantes d'amours perdus, ses manques d'une autre et d'imaginer que cette autre à profiter de ce que je n'aurais jamais, désormais.


       Mais si vous ratez votre dernier train, pour m'emmener danser jusqu'au matin, vous dire je t'aime j'ai peur je le crains, je ne le pourrai point.


    Et quand je dirais j'ai perdu beaucoup cette année, on me répondra que c'est normal, t'es vraiment tête en l'air.


       Ne demandez jamais ma main, ne me donnez pas rendez-vous demain, vous dire je t'aime, j'ai peur, je le crains, je ne le pourrai pas.


    Ouais, ca doit être ça.


    Coralie Clément - Le dernier train.


  • Commentaires

    1
    Jeudi 28 Septembre 2006 à 15:40
    ...
    La mort nous rend philosophe, l'amour nous rend poête. En lisant ton texte, j'ai vite compris le sentiment qui t'animais. Je ne sais pas quel est le pire, une vie de déception ou de désespoir. Doit-on prendre le risque de s'autoriser à rêver au risque de se faire rattraper par la dureté du quotidien ? En contrepartie, une vie sans rêve est-ce vraiment une vie ? Il y a quelques temps de ca, pendant une habituelle insomnie, j'avais écris quelques mots qui se rapprochent du thème de ton texte. Je te laisse le découvrir. Insomnie Certains cherchent le sommeil, Et ne trouvent que l’insomnie. Il parait que la nuit porte conseil, Mais ne dis pas comment dormir sur ses deux oreilles. Si la vie est courte que dire de ses nuits, Que certains hommes passent la bouteille à la main, En compagnie de mélancolie. Cherchant à oublier le lendemain, Cherchant à oublier leur ennui. Jusqu’à leur réveil où vérité se révelle. Ils sont toujours seul dans leur lit. Douloureux rappel de leur triste vie.
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