• On en rira avant qu'il soit temps.

    Ne pas avoir le temps pour y penser, ou ne pas en avoir l'envie tout simplement. Ne pas prendre le temps de le prendre, ce temps. Il s'écoule on fait quoi, on l'admire tranquillement. Sans en avoir l'air. Ouais si, un peu trop en fait. Il plane un peu trop.  Aussi il regarde un peu trop, pas assez de trop. En gros ca donne du tout ou rien.

    Il a ses yeux qui pourraient être un peu trop beaux, mais il préfère leur terne plutot que de leur donner ce qui leur manque. Tant pis pour leur gueule. Il n'a pas d'espoir, aucune envie. L'impression de tout avoir. C'est laid d'être blasé. Son air glacial et eux aussi. Ca représente un peu beaucoup ses pensées. Sans doute.

    Je lui avais dit que je m'en foutais, parfois faut me croire, m'écouter. C'est pas toujours facile à avaler, mais je ne dis pas que ça. Des conneries. Ouais ca va, j'ai dis presque. T'affoles pas. Je ne veux plus m'asseoir sur le rebord de cette fenêtre, pour rester dans le froid et regarder tout ça crever. Sans réagir pour devenir comme. Tout ça.

    Me cracher sa fumée dans la gueule. Comme pour me dire, je t'emmerde. Il sait pourtant que j'ai l'habitude. Ca ne m'étouffe même plus, ca ne l'amuse plus non plus. Je sais respirer et même m'en tirer. Je sais aussi m'égratiner. Surtout quand le poing frotte contre ce mur, discrètement et dans le silence. Un peu comme toujours, il me dira.

    Je sais. Je ne sais pas parler, je ne sais qu'enchainer tout et rien. Je sais, je ne sais pas. Juste le fait que j'y crois un peu plus que lui, lui aurait suffit. Je sais, je n'ai pas le droit d'écrire tout ça. D'étaler mes états d'âme, le tout sans états d'âme. Autant monter sur un toit pour crier tout ce qui ne va pas. A la limite, ca ferait moins de mal. A la limite je m'en fous un peu. On se détruit comme on peut.

    Chacun sa drogue. La mienne n'est pas très loin. Si t'en as pas, tant pis pour toi. Ou peut-être tant mieux. Je n'en sais plus rien. Même si dans le fond, pour moi c'est tant pis. Je ne sais pas s'il me suit. J'ai un truc auquel me raccrocher, même quand ca va. Je m'accroche encore. Je pourrais presque dire que je suis sure de ne pas tomber. Et pourtant, je me casse la gueule bien trop souvent. Même si c'est rarement. Tout ça parce que je me mens. Bien sur que ça va, je ne sais pas faire autrement.

    Je ne sais même pas ce que je dois me dire. Alors ca tombe pas trop mal, je n'aime pas spécialement me parler tout seule. Je préfère m'écrire pour.

    Tas pas le droit de dire ça. T'as pas le droit de faire ça. T'as pas le droit de partir. Encore moins de t'enfuir. En gros.

    - Si je t'écoute j'ai le droit de faire quoi ?
    - De m'écouter.

    Même pas eu le droit au "c'est déjà beaucoup" habituel. Encore un poing contre le mur. Discrètement et en silence. Juste pour ne pas dire toutes ces choses qu'on risque de regretter bien trop vite. Ou peut-être, qui sait. Regretter de ne pas les avoir dites. Possible. Fort. Canaliser. C'est ça.

    On rentre un peu bousculé. On bascule. Un peu comme dans notre tête.

    - Tu t'es fait quoi ? T'es tombée ?

    Envie de répondre. Ouais, dans ma tête.

    - Non.

    Une réponse comme on les aime. Tous les sujets sont faux, de toutes manières.


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